Élever des papillons chez soi : le guide du débutant pour les passionnés, les amateurs d'insectes, les familles et les écoles
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La plupart des gens s'imaginent qu'élever des papillons demande une serre, un jardin et beaucoup d'expérience. Ce n'est pas le cas. Il vous faut un filet, une cage grillagée, un bocal de plantes coupées et un rebord de fenêtre. Un après-midi dans une prairie suffit pour commencer, et quelques semaines plus tard vous regardez les adultes sortir de leur chrysalide sur la table de votre cuisine.
C'est aussi la meilleure leçon de nature que je connaisse, et pas seulement pour les enfants. Que vous soyez collectionneur et que vous vouliez des spécimens parfaits sans avoir à leur courir après, que vous aimiez simplement les insectes, que vous soyez un parent en quête d'un projet qui batte n'importe quel écran, ou un enseignant qui cherche quelque chose dont une classe se souviendra, vous en retirez tous la même chose : le cycle de vie complet sous vos yeux, en direct, à une vitesse que l'on peut réellement suivre. Et à la fin vous rapportez les adultes dans la même prairie et vous les relâchez, et c'est précisément ce dont tout le monde se souvient.

Pourquoi les élever
Dans la nature, seuls quelques pour cent des œufs parviennent jusqu'au papillon adulte. Le reste est mangé, parasité ou desséché. Une seule femelle peut pondre plusieurs centaines d'œufs, parfois plus d'un millier.
Prenez une ponte en cage et vous multipliez ce taux de survie plusieurs fois. Ainsi, lorsque vous relâchez les papillons, vous ne prenez rien à la prairie. Vous lui rendez bien plus d'adultes qu'elle n'en aurait produit toute seule.
Et comme la femelle venait de cette prairie, tout ce que vous relâchez y appartient. Même espèce, même population locale, même génétique. Aucun risque d'introduire une espèce étrangère ou une race génétique exotique dans un milieu, et c'est exactement le risque que vous courez avec des papillons achetés ailleurs. Capturer sur place, relâcher sur place, et l'ensemble de la démarche est un gain net pour la faune locale.
C'est plus simple qu'il n'y paraît, et vous n'avez pas besoin de jardin
Vous n'avez pas besoin de plantes poussant en terre. Des tiges coupées placées dans un bocal d'eau conviennent parfaitement pour tout l'élevage.
Il y a une chose que vous devez faire correctement, et presque tout le monde s'y fait prendre la première fois. Bouchez le goulot du bocal avec du coton. Si les chenilles peuvent atteindre l'eau, elles y tombent et se noient. Un tampon de coton autour des tiges ferme complètement l'espace tout en vous laissant faire l'appoint d'eau. Ce seul détail fait la différence entre un élevage qui marche et un élevage que vous perdez pendant la nuit.
Constituez-vous une réserve en récoltant une plus grande quantité d'un coup, en la lavant, en l'égouttant et en la conservant dans un sac plastique au réfrigérateur. Séchez-la légèrement avant de la distribuer.
Commencez par une espèce commune
Les papillons les plus communs sont les plus faciles à élever, ce qui tombe bien, car ce sont aussi ceux que vous trouverez réellement.
En Europe, il s'agit des soucis (Colias), des piérides (Pieris et Pontia), des demi-deuils (Melanargia), des satyres (Lasiommata), des myrtils (Maniola) et des azurés (Polyommatus). En Amérique du Nord, la même logique s'applique aux piérides et aux coliades locales ainsi qu'aux satyrinés. Ces espèces sont abondantes, elles ne sont pas difficiles, leurs plantes hôtes sont des plantes de prairie ordinaires, et perdre quelques chenilles à cause d'une erreur de débutant ne coûte rien à la population.
Les espèces rares relèvent d'une autre discipline. Gardez-les pour quand vous aurez quelques élevages derrière vous.
Les papillons de l'ortie, et le raccourci dont on ne parle jamais aux débutants
Si je devais mettre un groupe en avant, ce seraient les nymphalidés qui se développent sur l'ortie. Ils s'élèvent facilement, ils pondent volontiers en cage, et en Europe on les trouve partout : le paon-du-jour (Inachis io), la belle-dame (Vanessa cardui), le vulcain (Vanessa atalanta), la carte géographique (Araschnia levana) et la petite tortue (Aglais urticae).
Et il existe un raccourci. Vous n'avez pas besoin de capturer de femelle du tout. Ces espèces pondent en groupes, si bien que leurs chenilles vivent dans de grands nids communautaires sur l'ortie, tissés dans les extrémités des plantes. Trouvez-en un et vous avez cinquante à cent chenilles au même endroit, déjà écloses et déjà en train de se nourrir.
C'est le démarrage le plus rapide possible. Vous sautez la capture, la ponte, l'attente et le stade de l'œuf, et vous passez directement à la partie que les enfants veulent vraiment voir. Prenez une partie du nid, pas la totalité, installez les chenilles sur des orties fraîches dans une cage, et vous élevez des papillons le jour même. L'ortie pousse en bordure de chaque champ et dans chaque coin en friche d'Europe, le problème de la nourriture se règle donc aussi tout seul.
Identifiez d'abord, documentez-vous ensuite
C'est l'étape que les débutants sautent, et c'est celle qui décide si l'élevage réussit.
Avant d'installer quoi que ce soit, sachez ce que vous avez capturé. Recherchez ensuite l'espèce et trouvez deux informations :
- Ce que mangent les chenilles. Pas de plante hôte, pas d'élevage. Ce n'est pas négociable et cela dépend de l'espèce.
- Combien de générations par an et quel stade hiverne. Cela vous dit si vous menez une ponte en quelques semaines ou si vous vous installez pour l'hiver.
Dix minutes de lecture avant de commencer sauvent tout le projet. Dans l'autre sens, avec une cage pleine de chenilles et aucune idée de ce qu'il faut y mettre, cela finit mal.
Vérifiez ce qui est protégé avant de capturer quoi que ce soit
Les règles diffèrent d'un pays à l'autre et parfois d'une région à l'autre. Certaines espèces sont protégées et ne peuvent pas être prélevées du tout, et certains sites sont interdits quoi qu'il y vole. Consultez votre réglementation locale avant de partir, et si vous n'êtes pas sûr de ce que vous avez sous les yeux, ne le capturez pas.
Capturer une femelle
Tout commence par la capture du bon insecte.
La plupart des papillons présentent un certain dimorphisme sexuel, et chez beaucoup d'espèces les sexes diffèrent assez par la forme et la couleur pour qu'un débutant les prenne pour deux espèces. Là où cela n'aide pas, vérifiez trois choses :
- L'abdomen. Celui des femelles est nettement plus gros et plus rempli.
- Le bord externe de l'aile antérieure. Généralement plus arrondi chez les femelles.
- Les antennes. Dans les groupes où les mâles ont de larges antennes plumeuses, plumeux signifie mâle.
Pour une femelle destinée à la reproduction, son état n'a aucune importance. Usée, décolorée, légèrement abîmée, elle pond exactement les mêmes œufs. Ne gardez que les spécimens que vous voulez vraiment pour une collection, et relâchez tout le reste.

Un filet utilisable a un cercle de 30 à 40 cm de diamètre et une poche environ deux fois plus profonde que le cercle n'est large, pour que le papillon ne puisse pas simplement en ressortir en volant. Un manche allant jusqu'à 1,5 m vous permet d'atteindre des insectes dans des endroits malcommodes, et un manche télescopique réglable sur le terrain est encore mieux.
Ne frappez pas fort. Les mouvements violents abîment le papillon à l'intérieur du filet. Donnez le coup de filet, puis rabattez l'extrémité libre de la poche par-dessus le bord du cercle. C'est ce seul geste qui le garde à l'intérieur pendant que vous approchez.

Comment la saisir sans ruiner ses ailes
Il n'y a qu'un seul endroit par lequel saisir un papillon : le bord d'attaque des ailes antérieures, la marge avant, les ailes rapprochées au-dessus du dos.
Ce bord est la partie rigide et renforcée de l'aile. Tenu là, rien ne plie et rien ne s'efface, vous n'abîmez donc pas du tout les ailes. C'est une prise sûre et c'est la seule qui vaille la peine d'être apprise. Saisissez-la au milieu de l'aile et vous arrachez des écailles d'un seul contact ; saisissez le corps et vous l'écrasez.

La ramener vivante à la maison
N'utilisez jamais de flacon de chasse pour une femelle destinée à la reproduction. Ce que j'emploie à la place, c'est une pochette en papier cristal, les pochettes étant rangées dans une petite boîte plastique rigide.
Glissez-la dans la pochette, ailes fermées, et rabattez le rabat. Cela paraît brutal et c'est l'inverse : dans l'obscurité, les ailes maintenues l'une contre l'autre, elle est dans une position sûre et ne peut physiquement pas se blesser. Elle cesse de battre des ailes, reste immobile et arrive avec des ailes intactes. La boîte plastique empêche ensuite que les pochettes soient écrasées dans votre sac.



La seule chose qui la tuera, c'est la chaleur. Placez la boîte là où elle ne peut pas cuire : dans un sac à dos, une banane, ou en voiture dans le coffre ou par terre sous un siège. Jamais sur la plage arrière sous la lunette, où le soleil tape directement dessus.
Rentrez ensuite rapidement. Mettez-la directement dans la cage et brumisez les parois de la cage avec de l'eau pour qu'elle puisse se réhydrater tout de suite. C'est la première chose dont elle a besoin après le trajet, avant tout le reste.
L'amener à pondre
Les papillons sont héliophiles. La lumière du soleil est leur moteur, et une femelle dans une cage qui ne voit jamais le soleil ne pond généralement rien du tout. Régler correctement la lumière constitue l'essentiel du travail.
Donnez à la cage quelques heures de soleil direct par jour, et pas davantage. Un rebord de fenêtre à l'intérieur est proche de l'idéal, car le soleil atteint la cage une partie de la journée et la laisse tranquille le reste du temps.
Tout aussi important : ombragez une partie de la cage. Elle doit pouvoir sortir du soleil, se cacher et se rafraîchir. Une cage en plein soleil sans aucun refuge la tuera, et une femelle morte ne pond rien.
Installez une cage grillagée bien aérée avec la plante hôte à l'intérieur, coupée et placée dans ce bocal, et couvrez le fond de papier. Disposez la plante de façon qu'elle touche les parois de la cage. Les femelles parcourent les parois d'une cage, et une femelle qui longe la paroi au contact de la plante y dépose un œuf. Une plante isolée au milieu de la cage est trouvée bien plus lentement.
La taille de la cage compte ici, et plus grand ne veut pas dire mieux. Pour les petites espèces, celle vers laquelle je me tourne est la cage 30 x 30 x 30 cm. Dans une cage de cette taille, la femelle tombe presque immédiatement sur la solution sucrée et sur la plante hôte, ce qui est exactement ce que vous voulez. Mettez un petit papillon dans une grande cage et il peut passer des jours sans trouver ni l'un ni l'autre.
Les voiliers plus grands et plus puissants ont en revanche besoin de place. Pour quelque chose comme le machaon (Papilio machaon), passez à la taille 40 x 40 x 60 cm.


Une astuce tirée de ma propre pratique : mettez dans la cage une fleur de prairie prise à l'endroit exact où vous l'avez capturée, à côté de la plante hôte. Cela ne coûte rien et cela fait souvent basculer une femelle récalcitrante vers la ponte.
Et ensuite, patience. La plupart des papillons ne commencent à pondre qu'au deuxième ou au troisième jour de captivité. Une cage vide le premier soir ne veut absolument rien dire.
Une exception utile : les satyrinés n'ont pas besoin de plante hôte pour pondre. Ils se mettent à laisser tomber leurs œufs sur les parois de la cage, qu'il y ait une plante ou non.
La nourrir pendant la ponte
Une femelle peut pondre sur plusieurs jours, et une femelle qui pond doit être nourrie. Cette partie n'est pas facultative.
Voici le dispositif que j'utilise, et il bat tout ce que j'ai essayé d'autre :
- Dissolvez du sucre blanc ordinaire dans de l'eau, environ une part de sucre pour neuf parts d'eau.
- Prenez le couvercle d'un pot de confiture et placez-y un morceau de coton.
- Versez la solution sur le coton.

Elle se pose sur le coton plutôt que dans le liquide, elle ne reste donc jamais collée ni engluée, et elle boit confortablement au travers. Vous n'avez pas besoin de lui montrer où c'est. Les femelles le trouvent toutes seules dans la cage.
Deux points de vigilance :
- Renouvelez la solution tous les deux ou trois jours. Passé ce délai, elle commence à fermenter et à moisir.
- Faites l'appoint une fois par jour. Au soleil elle s'évapore vite. Une giclée suffit.

Si elle ne se nourrit pas d'elle-même, nourrissez-la à la main. Cela paraît inquiétant la première fois et c'est simple :
- Saisissez-la par la face inférieure de ses ailes antérieures fermées pendant qu'elle est active.
- Déroulez doucement sa trompe avec une épingle entomologique.
- Touchez avec l'extrémité une goutte de la solution.
- Recommencez jusqu'à ce qu'elle se mette à boire d'elle-même, puis relâchez-la.
Continuez à la nourrir tant qu'elle pond bien. Quand elle ralentit, rapportez-la là où vous l'avez capturée et relâchez-la. Elle peut encore y pondre.
Des œufs aux chenilles
L'endroit où les œufs ont été déposés décide de ce que vous en faites.
Les œufs pondus sur la plante hôte restent sur la plante hôte. Laissez-les là et laissez-les éclore où ils sont. Les décoller est le moyen le plus rapide de ruiner une ponte qui se portait bien : les œufs manipulés perdent leur humidité et n'éclosent tout simplement jamais.


Ceux que vous déplacez sont les œufs pondus ailleurs, sur les parois de la cage ou sur le papier du fond. Les œufs posés sur le papier voyagent avec le papier, et c'est exactement pour cela que le papier est là. Là où vous devez vraiment soulever un œuf, servez-vous d'un pinceau humide et allez-y doucement, et si plusieurs sont groupés sur une feuille, déplacez la feuille plutôt que de les séparer.
Tout ce que vous avez déplacé va dans une boîte transparente tapissée de papier absorbant, pour que vous puissiez vérifier sans tout ouvrir. Tenez trois conditions : assez d'humidité pour que les œufs ne se dessèchent pas, assez de ventilation pour qu'ils ne moisissent pas, et aucune lumière directe du soleil.
Quand la plante se dessèche sous elles
Les tiges coupées dans l'eau finissent par rendre l'âme, et d'ici là vous avez peut-être des chenilles fraîchement écloses partout dessus. Les chenilles fraîchement écloses sont bien trop petites et trop fragiles pour être manipulées.
Posez une plante fraîche contre l'ancienne de façon que les deux se touchent, et laissez-les passer d'elles-mêmes. Elles trouveront la nouvelle nourriture toutes seules. Retirez ensuite la plante épuisée.
Une fois qu'elles sont plus grandes, vous pouvez les manipuler directement. Récoltez-les soigneusement sur l'ancienne plante, remplacez la plante par une fraîche, remettez-les dans la cage, et elles y remonteront d'elles-mêmes.
À mesure qu'elles grandissent, triez-les et transférez-les dans des boîtes plus grandes, puis finalement dans une cage grillagée. Donnez de la plante hôte fraîche, et retirez les déjections, la vieille nourriture et l'humidité en excès.
La routine quotidienne, et les deux façons de perdre un élevage
Nettoyez la cage tous les jours. Les déjections et la vieille nourriture sont la porte d'entrée des maladies et des parasites.
Pendant que vous nettoyez, triez les chenilles par taille et tenez les petites à l'écart de leurs grandes sœurs. Des petites chenilles gardées parmi des grandes peuvent tout simplement mourir.
Deux habitudes qui sauvent des spécimens. N'arrachez jamais une chenille d'une plante desséchée ; laissez-la passer d'elle-même, ou déplacez-la avec le morceau de plante sur lequel elle se trouve. Et ne dérangez jamais une chenille en train de muer.
Puis les deux véritables tueurs :
Le soleil direct sur une boîte en plastique ou en verre. Même un court moment peut cuire tout un élevage. C'est la façon la plus rapide de tout perdre, et cela arrive à des gens qui avaient tout fait correctement par ailleurs. Les cages grillagées bien aérées ne posent pas de problème au soleil, tant que la chaleur ne détruit pas la plante hôte.
Les chenilles qui atteignent l'eau. On en revient au coton. C'est l'assurance la moins chère de tout ce guide.
Chrysalidation et émergence
La plupart des espèces passent de la chenille à l'adulte en quelques semaines, et ce stade ne vous demande presque rien. Gardez une humidité raisonnable, ne laissez rien se dessécher, et laissez-les tranquilles.
Il y a cependant un moment où vous devez cesser complètement de les manipuler.
Une fois qu'une chenille s'est suspendue, laissez-la tranquille
Quand une chenille est prête à se chrysalider, elle cesse de manger, quitte la nourriture et s'installe sur une tige ou sur la paroi de la cage. Là, elle tisse un petit coussinet de soie et y accroche son extrémité postérieure. Dans certaines familles, elle tisse en plus une fine ceinture de soie autour de son milieu et se tient droite dans cette écharpe ; dans d'autres, elle pend simplement la tête en bas.
Ce coussinet de soie est l'ancrage de tout ce qui suit. Lorsque la chenille mue pour la dernière fois, l'extrémité de l'abdomen de la chrysalide porte une petite structure crochue appelée crémaster, et le crémaster s'accroche dans ce même coussinet. C'est lui qui maintient la chrysalide en place les semaines suivantes, et plus tard c'est lui auquel la chrysalide reste suspendue pendant que le papillon émergent s'extrait et déploie ses ailes.
Donc, quand vous changez la plante hôte et que vous trouvez une chenille qui a cessé de manger et s'est fixée, laissez-la exactement où elle est. Ne la récoltez pas avec les autres, ne déplacez pas la tige sur laquelle elle se trouve, ne rangez pas autour d'elle. Rompez cette fixation maintenant et la chrysalide ne pourra pas se former correctement, et vous perdez l'animal.
Puis un matin, les ailes apparaissent à travers l'enveloppe de la chrysalide, et quelques heures plus tard un papillon sèche ses ailes dans votre cage. C'est la récompense, et on ne s'en lasse pas.
Une ponte démarrée tard dans la saison peut hiverner sous forme de petites chenilles, mais c'est une possibilité plutôt qu'une règle. Gardées au chaud à l'intérieur, beaucoup de pontes d'automne vont directement jusqu'à l'adulte sans la moindre pause.
Les relâcher
Rapportez les adultes dans la prairie d'où venait leur mère et relâchez-les là.

C'est la partie qui rend toute la démarche gratifiante. Vous rendez bien plus de papillons que cette ponte n'en aurait jamais produit dans la nature, et à la population exacte dont ils proviennent. Aucune espèce étrangère, aucune génétique exotique, simplement davantage de ce qui vit déjà là.
Le faire avec des enfants, et en classe
Si vous cherchez un projet qui enseigne plus qu'un trimestre d'images dans un livre, c'est celui-là.
Le cycle complet se déroule en semaines, pas en mois, les enfants restent donc accrochés. Il y a quelque chose de visiblement différent à observer tous les deux ou trois jours. Cela leur donne une raison d'apprendre à reconnaître une plante, de faire attention à un être vivant et de tenir une routine, parce que la cage a réellement besoin d'être nettoyée chaque jour.
Cela fonctionne comme projet scolaire et cela fonctionne en maternelle, avec les précautions auxquelles on s'attend : un adulte s'occupe du filet et de la capture, la cage vit à un endroit où elle ne sera pas renversée ni cuite dans une fenêtre ensoleillée, et tout le monde se lave les mains après. Le lâcher final est la partie dont la classe se souvient.
Ce qu'il vous faut
Pas grand-chose, et l'essentiel dure des années.
- Un filet à papillons, idéalement avec un manche télescopique
- Une cage de terrain portable pour ramener chez vous les femelles capturées
- Une cage grillagée d'élevage pour la ponte et l'élevage : 30 x 30 x 30 cm pour les petites espèces, 40 x 40 x 60 cm pour les machaons et autres grands voiliers, ou une cage cylindrique si vous voulez dresser une plante haute à la verticale
- Un sac filet d'élevage pour les plus petites chenilles, qui s'enfile directement sur une branche ou sur un bocal de plantes coupées
- Une pince souple pour déplacer les chenilles sans les blesser
Plus un bocal, du coton, un petit pinceau et du papier. Voilà toute la liste.
Questions fréquentes
Ai-je besoin d'un jardin ou de plantes hôtes en terre ? Non. Des tiges coupées dans un bocal d'eau suffisent pour tout l'élevage. Bouchez le goulot du bocal avec du coton pour que les chenilles ne puissent pas atteindre l'eau.
Par quelle espèce un débutant devrait-il commencer ? Par les plus communes que vous trouvez près de chez vous. En Europe, les soucis, les piérides, les demi-deuils, les satyres, les myrtils et les azurés sont tous simples. En Amérique du Nord, les piérides, les coliades et les satyrinés locaux sont tout aussi faciles. Gardez les espèces rares pour plus tard.
Puis-je commencer sans capturer de femelle du tout ? Oui, et c'est la voie d'entrée la plus rapide. Les nymphalidés liés à l'ortie, à savoir le paon-du-jour, la belle-dame, le vulcain, la carte géographique et la petite tortue, pondent en groupes, si bien que leurs chenilles se tiennent dans de grands nids communautaires tissés dans les extrémités des orties. Un nid peut abriter cinquante à cent chenilles. Prenez-en une partie, installez-les sur des orties fraîches dans une cage, et vous élevez le jour même.
De quelle taille de cage ai-je besoin ? Pour la plupart des petites espèces, 30 x 30 x 30 cm. Une petite cage est un avantage au stade de la ponte, parce que la femelle trouve tout de suite la solution sucrée et la plante hôte. Passez à 40 x 40 x 60 cm pour les grands voiliers puissants comme les machaons.
Ma femelle est dans la cage mais elle ne pond pas. Est-ce la lumière qui ne va pas ? Très probablement. Les papillons sont héliophiles et une femelle qui ne reçoit jamais de soleil direct ne pond généralement pas. Donnez à la cage quelques heures de soleil par jour, et ombragez-en une partie pour qu'elle puisse échapper à la chaleur. Laissez-lui aussi du temps, la plupart des papillons ne commencent qu'au deuxième ou au troisième jour.
Qu'est-ce qu'un crémaster ? C'est la petite structure crochue à l'extrémité de l'abdomen d'une chrysalide. Avant de se chrysalider, la chenille tisse un coussinet de soie et s'y accroche ; le crémaster vient ensuite s'ancrer dans ce même coussinet et maintient la chrysalide en place jusqu'à l'émergence du papillon. Une chenille qui s'est fixée de cette manière ne doit pas être déplacée.
Ai-je besoin d'un spécimen parfait pour la reproduction ? Non. Pour la ponte, l'état n'a aucune importance. Gardez les spécimens parfaits pour une collection.
Comment savoir si j'ai capturé une femelle ? Vérifiez d'abord l'abdomen, il est nettement plus gros et plus rempli. Puis le bord externe de l'aile antérieure, généralement plus arrondi. Là où les mâles ont des antennes plumeuses, plumeux signifie mâle.
Elle ne pond rien du tout. Qu'est-ce que je fais de travers ? Peut-être rien. Assurez-vous que la bonne plante hôte est dans la cage, ajoutez une fleur de prairie prise à l'endroit où vous l'avez capturée, continuez à la nourrir, et donnez-lui du temps. Certaines femelles mettent simplement du temps.
Quelle est la façon la plus courante de perdre tout un élevage ? Le soleil direct sur une boîte en plastique ou en verre. Elle surchauffe en quelques minutes. La deuxième plus courante, ce sont les chenilles qui se noient dans l'eau que vous utilisez pour garder la plante hôte fraîche.
Est-il sans risque de relâcher les papillons que j'ai élevés ? Oui, tant que vous avez capturé la femelle près de chez vous et que vous relâchez les adultes sur le même site. Ce sont la même population et la même génétique, il n'y a donc aucun risque d'introduire une espèce étrangère ou une race génétique exotique. C'est un bénéfice net pour la population locale.
Est-ce adapté aux enfants ? Tout à fait. Le cycle est assez court pour retenir leur attention et il y a du nouveau à voir tous les deux ou trois jours. Un adulte devrait se charger de la capture, et la cage a besoin d'une place où elle ne sera pas renversée ni laissée au soleil.
